« Stromae met l’Amerique à ses pieds » (via l’Hebdo)

Axelle 7 mai 2015 2 2 935 views
« Stromae met l’Amerique à ses pieds » (via l’Hebdo)

Incroyable article paru sur Stromae dans le magazine Suisse l’Hebdo écrit par Magisophienne. L’ascension Outre Atlantique de notre artiste y est parfaitement résumée, ponctué par de nombreuses rencontres dont celle d’Amy (rédactrice en chef de notre site anglophone stromaeometre.com) ou de Steeve (animateur de notre forum officiel). En un mot : bravo!

LHHP2015_18_0064_0067_STROMAE-2

On vous laisse découvrir :

« L’histoire d’une success story, avec en point de mire le concert au mythique Madison Square Garden de New York, le 1er octobre prochain.

Le maestro belge a terminé, ce dimanche, une seconde tournée dans l’Ouest américain, avant son retour attendu sur la côte Est, en septembre. Vue des Etats-Unis, que raconte l’histoire du ket de Laeken ? Plongée au cœur d’une ascension fulgurante.

En juin dernier, Stromae explose l’écran sur le plateau du  Late Night de NBC. Il vient d’entamer une campagne de séduction auprès de la presse US, suivie d’une série de concerts automnaux. L’Amérique découvre alors, pour la première fois, celui que le présentateur Seth Meyers présente comme « le phénomène mondial de hip-hop et de dance music, tout droit venu de Belgique ».

La porte de l’Amérique s’est ouverte, un peu plus tôt, grâce à Christian Bernhardt, vice-président de The Agency Group. Il entend Stromae pour la première fois grâce à  un ami qui lui suggère de le découvrir. Le businessman dévore l’album et accroche immédiatement. « J’ai écouté tout ce que je trouvais en ligne, j’ai aussi regardé les vidéos qui m’ont littéralement épatées. J’ai alors directement pris contact avec Clémentine Bunel, sa productrice, en France. Le sourire aux lèvres, il ajoute : « Quinze jours plus tard, j’étais à Paris pour proposer une collaboration. »

L’homme a du flair, il gère une des agences de talents les plus renommées d’Amérique. Son job ? Organiser la tournée nord-américaine de la star belge, encore complètement méconnue aux States, à ce moment-là.

D’est en ouest, du nord au sud, de Boston à San Francisco, en passant par Chicago, Stromae offre ses premières dates (une douzaine) à un public majoritairement francophone. Les expatriés de France et Belgique se déplacent en nombre et soutiennent, avec ferveur, la révélation bruxelloise. Même s’il est alors pratiquement inconnu outre-Atlantique, n’oublions pas qu’il y débarque avec déjà plus de trois millions d’albums Racine carrée vendus.

Les fans américains de la première heure se pressent déjà et ne le lâcheront plus. Le buzz sur le Net et la couverture médiatique feront le reste.

 

Des fans inconditionnels

Cathy de Buffalo, 47 ans, suit, depuis le début, toutes les dates de la tournée. A Los Angeles, mardi dernier, elle entrait dans le Club Nokia, pour son vingt-quatrième concert. Le chanteur l’a inspirée dans la réalisation de son rêve de voyager. Catalyseur aussi pour Nyasa, 23 ans, jeune Japonaise vivant dans la Cité des Anges.

Stromae, tel un mentor, lui a permis de révéler son don de dessinatrice. « Avant, je griffonnais pour tuer le temps, aujourd’hui, je sors mes crayons et aquarelles avec une joie immense. » L’artiste montre timidement ses carnets de croquis : des dessins impressionnants représentant Paul Van Haver –dit avec son joli accent- dans plus de cinq cents univers différents, dont celui de Magritte, par exemple.

Cathy, Nyasa et plus de mille autres passionnés suivent régulièrement le torrent de documentation offert par Paule-Sylvie Yonké  sur « la seule page Facebook américaine de soutien » explique, avec entrain, l’Américaine d’origine camerounaise. Depuis New York, la fondatrice de la page Stromae USA fans -source phénoménale et intarissable sur le sujet pour les initiés, passe des heures à l’alimenter. « Nous sommes un point de ralliement pour les Américains. Dans le cadre de son émission 50 minutes inside, TF1 m’a même contactée pour les aiguiller dans la réalisation de leur reportage. »

De l’autre côté du pays, dans le Colorado, Amy Van Vrancken rentre du concert d’Oakland. L’Américaine, rédactrice en chef du site Stromaeometre, n’a pas hésité à survoler deux mille kilomètres pour assister au concert de son idole. Depuis qu’elle l’a découvert en 2013, sur NRJ France, à l’âge de 45 ans, elle ne cesse de rendre l’œuvre de Stromae plus accessible aux anglophones.

Elle a publié, entre autres, un guide de compréhension de l’album Racine Carrée. « Lorsque j’ai compris la subtilité du jeu de mots de Formidable, j’ai eu besoin de comprendre tous les termes de ses chansons. J’ai alors commencé une véritable quête pour en apprendre plus. Pendant un an, je n’ai pu penser à autre chose ! ».

 

Who the hell is Stromae ?

Christian Bernhardt a tout de suite capté le potentiel de l’artiste belge. « J’avais la vision du succès relatif qu’il vit aujourd’hui et souhaite, à l’avenir, le mener vers une exposition grand public mais je ne pensais pas que ça irait si vite. »

Depuis le début de l’aventure américaine, The Agency Group et l’équipe de Stromae ont pensé une stratégie de rayonnement organique, sans plan marketing. « Nous voulions le faire découvrir par les fans, d’abord. »

Lors de sa deuxième tournée, débutée en mars dernier,  il a démarré par des prestations remarquées au prestigieux festival SXSW (ndlr South by Southwest). Devant un parterre de professionnels de la presse et de la musique, son envol a pris sa pleine puissance à Austin. La couverture médiatique force l’admiration et les réseaux sociaux explosent ! C’est là que Republic Records, le label du chanteur (ndlr Universal Music) a lancé une campagne d’affiches à l’effigie du Maestro avec l’intitulé « Who the hell is Stromae ? ». Des photos évoquant son univers excentrique et ingénieux ont été placardées partout dans la ville texane.

On en apercevait aussi le week-end dernier à Indio en Californie, le talentueux auteur-compositeur-interprète se produisait sur la scène de l’illustre festival Coachella.

Parmi une vingtaine d’autres tourneurs indépendants ou de grands noms, comme Live Nation, Elliott Lefko, vice-président de Golden Voice promeut les concerts du Belge en Californie du Sud. Responsable du rassemblement musical d’avril qui rassemble cent-cinquante-mille personnes sur deux week-ends, il explique : « A Coachella, nous accueillons plus de cent-trente-cinq groupes. Nous avons les meilleurs artistes du monde, Stromae en fait partie. »

Elliot s’enflamme aussi sur l’immense talent du Maestro. « Nous avons tout de suite accepté de collaborer à sa percée américaine, tout s’est passé très vite, ce qui est rare. Les gens l’adorent.  Il va continuer à grandir et devenir de plus en plus populaire. La différence avec les autres ? Son naturel. » Et de conclure : « C’est très difficile pour les artistes européens de réussir aux Etats-Unis mais lui est l’exception à la règle. »

 

Les journalistes aussi séduits…  La presse l’encense !

Le croisement des supports médiatiques se multiplient. Stromae rayonne en presse !

La journaliste Salima Koroma n’hésite pas à le qualifier de génie. Elle a réalisé une vidéo en anglais pour le site du Time Magazine. Avant le tournage, Paul s’est excusé de son faible niveau. Salima l’a trouvé très courageux de s’exposer ainsi, avec humilité et authenticité. « Il est magnifique, vraiment sympa et comique. Comme un enfant, taquin. Complètement à l’aise, il prend véritablement du plaisir dans tout ce qu’il fait. Je l’admire car il chante en français, la langue avec laquelle il se sent à l’aise. »

Guy Trebay a aussi interviewé le phénomène belge pour le New York Times. « Je l’ai connu avec Tous les Mêmes, j’ai été fasciné par l’ambiguïté des genres mais surtout par l’excentricité frappante des mouvements : une fusion entre Thriller et une danse apache. Je me suis dit Qu’est-ce que je suis en train de regarder ?

Au Rolling Stone Magazine, Brittany Spanos exprime le même emballement : « Il est entraînant et universel. On connecte avec lui émotionnellement ; c’est facile de s’identifier. » Pour la journaliste new-yorkaise,  il va poursuivre son ascension et remplira bientôt des stades. «  Je suis très excitée de voir jusqu’où sa carrière le conduira. »

L’engouement est général et contagieux  Viral, le phénomène stromaesque se distille petit à petit. Out le surnomme la sensation belge ; pour NPR (la radio publique nationale), les paroles du chanteur offrent une vision différente du monde.

Le lendemain de son concert à Los Angeles, il poursuivait encore la promotion en étant l’invité du Jimmy Kemmel show. L’émission télévisée populaire, enregistrée à Hollywood, accueille les stars de l’actualité. Impressionnant, vu de la côte Ouest !

Christian Bernhardt ne s’y est pas trompé. « Ma plus grande joie est de créer avec cet artiste si  unique, venu de Belgique, chantant en français et, de l’amener à ce niveau-ci aux Etats-Unis.  Lorsque nous avons commencé notre collaboration, des personnes du milieu ne pensaient pas que ça pouvait marcher, à cause de la différence de langue. Je l’encourage à continuer en français et à rester authentique à ce qu’il est,  parce que ça a toujours marché pour lui ainsi ! »

Les textes de Stromae enseignés dans les écoles.

Au concert d’octobre à Los Angeles, Fataneh, professeur de Français, s’était exclamé : « On commence chaque journée, en écoutant Stromae. » Elle n’était pas la seule ! Les enseignants de la langue française sont certainement les premiers à avoir passé le mot sur son talent, grâce aux textes fouillés, subtils et thèmes abordés.

« Si mon prof n’était pas si obsédée par lui, le cours ne serait pas très amusant ! » s’exclame Charlie Weiss de La Canada High. Merissa Sadler enseigne dans cette école secondaire, près de Pasadena. « Je suis un peu folle, je fais rigoler mes élèves avec des mises en scène sur Stromae. Il  a ouvert ma classe sur un autre monde en rendant mes cours plus excitants grâce à ses paroles profondes et pertinentes. Le plus difficile, c’est toujours d‘intéresser les élèves. »

Pour Fadhima Thiam, maman d’Aïda, 13 ans, les chansons renferment des messages qui donnent à penser. Sa fille a appris Papaoutai dans son école de New York. « J’adore cette chanson à propos de son papa. Les paroles sont fortes. Il est brillant et très inspirant ! Dans Formidable, je ressens qu’il a perdu une personne qu’il aime. Je comprends sa peine » dit timidement la jeune adolescente.

Plus au nord, dans  le Minnesota,  Kendra Waldauer,  donne cours de Français aux étudiants débutants à la Richfield High School. « C’est un maître de la langue française, très impressionnant ! Un artiste doué, vraiment pas comme les autres. » Elle utilise depuis longtemps la musique pour transmettre son amour de la langue. D’abord, Jacques Brel ou Francis Cabrel et aujourd’hui la nouvelle vague avec Indila ou Christophe Maé. Mais Stromae, c’est le chouchou. « Je leur montre d’abord la vidéo. Ils s’expriment sur ce qu’ils ont compris grâce aux images, mais aussi aux ressentis des émotions. Ensuite, ils complètent le texte lacunaire avec des mots de vocabulaire. Chez eux, ils écoutent la chanson, tous les jours. Avec Ta fête, nous avons étudié le futur proche, avec Formidable, l’imparfait. « Stromae fait tout le travail pour moi ! »

 

« C’était magique ! »

Les yeux de Marcelo brillent dans un sourire comblé.

Le jeune homme sort du concert donné au Club Nokia de Los Angeles, avec Steeve, son ami d’enfance. Le duo porte fièrement le polo et les chaussettes N°5 de la ligne Mosaert. (NDLR label belge créé par Stromae, dont la styliste est Coralie Barbier).

Vivant à Estavayer-le-Lac, près de Fribourg, Steeve Silva et Marcelo Reis, 23 ans, ont réalisé  leur rêve de road trip californien grâce à leur admiration pour celui qu’ils appellent affectueusement Paul. Comme s’ils parlaient, d’un pote, d’un frère.  « Il est humble, reste accessible, c’est ce qui est beau. Et ça ne changera pas, c’est ce qu’on aime !  » nous confient-ils.

Les deux copains suivent le talentueux artiste depuis fin 2013. Steeve le découvre d’abord, en assistant à un premier concert à Genève. Touché par l’univers du dandy multicolore, il  embarque Marcelo dans la spirale enthousiasmante.

Ils assistent, en Suisse, à d’autres concerts : au Paléo Festival de Nyons et à Zurich. Steeve, administrateur du forum officiel de Stromae, voyage seul à Rome pour assister à un autre show. « La folie et l’énergie sont toujours au rendez-vous ». Le fan se rend aussi compte, en Italie, de la popularité internationale du brillant performer .

Steeve et Marcelo ont terminé leur voyage de deux semaines sur la côte Ouest, entre San Francisco, Los Angeles et Las Vegas pour vivre, une fois encore, la magie du génie belge. « Il n’a pas un style de musique propre. Il fait du Stromae. »

Les deux Romands en sont convaincus : « Il peut influencer la musique, comme l’a révolutionnée Michael Jackson ! »

 

Magisophienne »

  • Merci d’avoir relayé mon article en veillant à placer les références. Ca fait plaisir ! Que l’histoire des fans de STROMAE continue à rayonner !

    • Axelle

      Merci à vous!